L’offre de service communautaire à Madagascar: Évaluation des sources d’exposition des femmes aux messages sur la planification familiale qui influencent l’utilisation

Résumé:
Mahefa Miaraka (Agir ensemble) est un programme de santé communautaire intégré financé par l’USAID (juin 2016 à juin 2021). Le programme est mis en œuvre par JSI Research & Training Institute, Inc. en étroite collaboration avec le Ministère de la Santé Publique de Madagascar. L’approche du programme encourage l’adoption de mesures clés en matière de santé dans l’ensemble du continuum de soins pour les femmes en âge de procréer, y compris l’offres de service de planification familiale (PF) par les agents communautaires (AC). En outre, le programme renforce les messages clés sur la santé reproductive/planification familiale afin d’accélérer l’adoption des comportements sains par les familles grâce aux visites à domicile des AC, la mobilisation communautaire et les missions radio. Le programme a effectué en 2019 une enquête transversale représentative des ménages au niveau des sept régions d’intervention du programme. Selon les résultats obtenus, la proportion des femmes en union (n = 3,345) qui utilise actuellement la planification familiale est de 34,4 %. Une sous-analyse démontre que les femmes en union exposées aux interventions menées par les AC ou centre de santé sont plus susceptibles d’utiliser la PF : respectivement 61 % et 58 % comparées à 22 % (p = 0.000) pour les femmes en union qui n’étaient pas exposées aux interventions. De plus, les femmes exposées à trois sources de communication et au-delà sont les plus susceptibles d’utiliser la PF, 65 %. En vue des résultats, le programme focalisera ses interventions futures sur les stratégies visant à une extension aux femmes non exposées aux informations pour élargir l’offre de service de PF.
Contexte/objectifs:
La sous-analyse a pour objectifs de mesurer le niveau d'accès et d’utilisation des services de planification familiale (PF) auprès des femmes en âge de procréer et d’évaluer l’association des interventions d’offre de services communautaires et de communication pour le changement de comportement social avec l’utilisation de la PF. Spécifiquement, la sous-analyse a consisté à mesurer : la perception des femmes si leur partenaire les soutient ou non à utiliser la planification familiale, l’utilisation de la PF selon la source d’exposition aux messages de planification familiale ainsi que l’effet des nombres de contacts des canaux de communication sur l’utilisation de la PF.
Description de l'intervention et/ou des méthodes et de la conception:
Des analyses de l’évaluation des expositions des femmes en âge de procréer (n = 3,345) aux messages sur la planification familiale ont été effectuées dans sept régions ou Mahefa Miaraka intervient, et où plus du quart de la population totale de Madagascar (27 %) vit (Le pays est subdivisé en 22 régions). Les femmes ont été ainsi catégorisées d’une part selon leur source d’exposition aux messages, et d’autre part selon le nombre de sources auxquelles elles ont été exposées. Les sources d’exposition sont : centre de santé, AC, média, supports imprimés : carnets de santé, fiche de ménages, modèles/parrains. Les analyses consistaient en des analyses de régression, de variance et covariance sur SPSS afin d’examiner l’association entre l’exposition aux messages et le changement de comportement et de perception en matière de planification familiale. Les caractéristiques sociodémographiques (niveau socio-économique, âge et niveau d’instruction) et le plan de l’enquête ont été contrôlés dans les analyses.
Résultats/leçons apprises:
Les résultats montrent que 41,7 % des femmes de 15 à 49 ans en union ont été exposées (n = 774) trois mois avant l’enquête aux messages sur la PF par des formations sanitaires, 23,1 % ont reçu un counseling individuel avec un AC, 11,7 % ont participé à une sensibilisation de groupe par un AC, 9,3 % ont été sensibilisées par les AC avec le carnet de santé, et 3,3 % ont reçu une carte d'invitation de PF. L’utilisation de la PF est plus élevée chez les femmes exposées aux interventions de communication par les AC (61 %) ou formations sanitaires (58 %) comparées à celles non exposées (p = 0.000). Les femmes sont cinq fois plus susceptibles d’utiliser la PF que celles non exposées (OR= 5,5 et OR=5,1). Similairement, 60 % des femmes exposées à plus d’une source perçoivent que leur partenaire les soutient à utiliser la PF et 65 % avec trois sources ou plus contre 30 % chez celles non-exposées aux messages.
Discussion/implications pour le domaine:
Les analyses ont montré que les femmes en union exposées aux messages sur la PF par les AC et les agents de santé sont cinq fois plus susceptibles d’utiliser la PF, et plus de trois fois plus susceptibles de percevoir positivement le soutien du partenaire à l’utilisation de la PF. Aussi, la force de l’adhésion des femmes à l’utilisation de la PF est associée à la multiplicité des canaux de communication utilisés. Sur la base de ces informations, Mahefa Miaraka devrait donc viser les femmes (58 %) non actuellement exposées aux messages sur la PF et multiplier et mettre à l’échelle les canaux de communication.
Le résumé soumis par:
Andry Rabemanantsoa - John Snow, Inc.(JSI) Madagascar
Brian Mulligan - JSI Madagascar
Peter Gottert - FHI 360
Yvette Ribiara - JSI Madagascar
Echah Mady - JSI Madagascar
Résumé approuvé pour le Sommet SBCC 2020 reporté à Marrakech, Maroc. Fourni par le Comité directeur international du Sommet. Crédit image: JSI.












































