Epidémie d'Ebola en République Démocratique du Congo (RDC): Comment la mise en place du mécanisme de feedback communautaire a contribué amélioré l'engagement de la communauté et le changement de comportement

Contexte/objectifs:
Depuis le début de l’épidémie, le mécontentement des communautés a considérablement contribué à l’amplification et la persistance des incidents communautaires. Les préoccupations soulevées par la population du Nord Kivu étaient la lenteur résultats de laboratoire, la crainte du Centre de traitement Ebola (CTE) et la conviction que la vaccination permet l'inoculation du virus Ebola.
Un groupe de travail sur le feedback communautaire a alors été mis en place pour comprendre les préoccupations communautaires et améliorer les relations. Cette approche visait à réduire les incidents dans la communauté et la résistance aux activités d’intervention des différents piliers d’au moins 90%.
Description de l'intervention et/ou des méthodes et de la conception:
Des consultations ont été organisées avec toutes les couches sociales de la communauté qui ont abouti à la mise en place des plates-formes de dialogue dans chaque communauté pour recueillir leurs préoccupations, suggestions et recommandations.
Ensuite, des groupes de travail "Feedback communautaires" ont été mis en place dans les sept Coordinations afin d’améliorer les relations entre la communauté et les équipes et mettre en œuvre les recommandations issues des dialogues communautaires. Les incidents sont ainsi reportés et analysés pour rechercher des solutions durables et concertées.
En collaboration avec des socio-anthropologistes, les groupes de travail sur le feedback communautaire de la Commission CREC ont mis un accent particulier sur la collecte et l’analyse systématique des informations sur la dynamique communautaire, les réactions et réponses de la communauté aux différentes interventions. Les recommandations sont ensuite fournies aux équipes d'intervention et utilisés pour adapter les stratégies et les approches.
Résultats/leçons apprises:
Grace à ce mécanisme, un dialogue direct et permanent a été établi entre les communautés et les équipes et une confiance s’est progressivement établie entre les deux parties. Cela a contribué à répondre aux questions et préoccupations de la communauté telles que les frustrations liées aux équipes d'inhumation, les retards des résultats de laboratoire, la mauvaise communication des équipes d'intervention, et l’intégration des membres de la communauté dans les équipes de la Réponse.
L’implication et l’engagement de la communauté ont contribué à une réduction progressive et significative du nombre d’incidents et de refus, permettant aux équipes d’avoir accès à des zones de santé auparavant inaccessibles.
Aussi, l’engagement de la communauté doit non seulement être prioritaire, il faut aller aussi au-delà de la communication unilatérale sur les risques, à un dialogue bidirectionnel, et mettre en place un environnement favorable à l’appropriation de la réponse par la communauté.
Discussion/implications pour le domaine:
Au-delà d’être l’un des piliers de la réponse à Ebola, l’engagement communautaire garanti une plateforme pour l’appropriation des interventions par la population locale. Si effective, il permet d’adresser efficacement les rumeurs, les résistances et anticiper les différentes formes de violences.
L’une des principales leçons tirées de cette expérience est qu’il est important que les communautés participent dès le début de la réponse et qu’elles soient impliquées comme partenaires clés. Le bureau du Burundi capitalisera sur ces acquis sur la promotion de la participation communautaire dans le cadre de sa préparation actuelle pour la préparation à la réponse à Ebola.
Le résumé soumis par:
Fatimata Balandi Kirakoya - UNICEF
Résumé approuvé pour le Sommet SBCC 2020 reporté à Marrakech, Maroc. Fourni par le Comité directeur international du Sommet. Crédit image: UNICEF/UN0311495/Tremeau.











































